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Traduction ou adaptation ? Les deux mon capitaine !

18 Avr 2017 | Métier

Peut-être pensez-vous que le travail de traducteur consiste à traduire mot à mot le contenu d’un document ? En réalité, c’est loin d’être le cas. Il doit avant tout retransmettre le sens, l’idée que véhicule le texte sans pour autant laisser paraître qu’il s’agit d’une traduction.

La traduction constitue donc un exercice périlleux dans lequel la simple substitution d’un mot par son équivalent ne suffit pas. D’autant qu’une bonne traduction doit être adaptée au public cible, tant au niveau culturel que linguistique.

Démonstration concrète de l’expertise requise pour exercer ce métier.

Connaissance des variantes linguistiques pour une adaptation optimale

A table, faites-vous la différence entre une entrée et un plat principal ? Évidemment ! Ce n’est pas du tout la même chose allez-vous me dire… et vous auriez bien raison ! Cependant le même mot peut servir à décrire ces deux notions en anglais. Alors comment savoir ce que veut dire “entrée” en anglais ? Un plat principal ou bien une véritable entrée ?

Tout dépend de l’endroit où vous êtes. Si vous vous trouvez à New York, ce terme fera référence à un plat principal. En revanche, si vous êtes en Angleterre, il s’agira bel et bien d’une entrée.

C’est pourquoi votre chef de projet vous demande systématiquement quel pays vous souhaitez cibler au démarrage d’une collaboration. Pour que nos traducteurs puissent faire leur travail correctement, il est important de connaître la variante linguistique, voire régionale, des langues source et cible. Vous ne traduirez pas  “entrée” de la même manière si vous traduisez un site internet américain ou si vous traduisez un site internet britannique.

De la même manière, certaines constructions syntaxiques ou grammaticales peuvent différer d’une variante à une autre. L’espagnol d’Espagne par exemple fait une distinction entre “vosotros” (vous familier) et “ustedes” (vouvoiement formel), tandis que l’espagnol du Mexique emploie uniquement “ustedes”.

Adaptation culturelle, un processus tout aussi important

Nous venons d’en parler, l’adaptation linguistique est essentielle pour retranscrire les idées d’une langue à une autre. En revanche, il ne faut pas pour autant sous-estimer l’importance de l’adaptation culturelle, qui permet de crédibiliser davantage la traduction.

N’oublions pas que le but d’une bonne traduction, c’est justement qu’on ne sache pas que s’en est une !

L’exemple assez représentatif est celui du film Vice-Versa de Pixar, dans lequel, Riley, une petite fille au fort tempérament refuse de manger un aliment généralement peu apprécié des petits français… les brocolis ! Rien de bien surprenant donc, pour le public français que de voir la petite Riley faire une crise devant son assiette.

En revanche, les enfants d’Asie raffolent de ce légume. La réaction de la petite fille n’aurait donc pas été comprise par cette audience. C’est pour cette raison que cet élément culturel a été adapté pour l’Asie, et qu’il a été remplacé par des poivrons verts. L’adaptation culturelle au public cible est donc essentielle à la bonne compréhension d’un film ou d’un document.

Comme vous avez pu le voir, ces différences ont un impact considérable sur la qualité de la traduction fournie. Une traduction trop générique peut être incomprise par son public cible. C’est pour cette raison qu’il est souvent nécessaire de réaliser une traduction différente par pays ciblé. Ça peut vous paraître superflu, mais c’est souvent la seule solution pour véritablement cibler le public de plusieurs pays différent utilisant une base linguistique commune.

Les langues évoluent différemment d’un pays à un autre. Certains chercheurs n’hésitent d’ailleurs pas à dire qu’on ne parlera pas les mêmes langues dans 500 voire 1000 ans.  Mais ce sera l’objet d’un prochain article de blog 😉