Confidences de Katja, l’une de nos fidèles traductrices allemandes

Par Shane Hartford | 5 février 2020 Confidences de Katja, l’une de nos fidèles traductrices allemandes

Bonjour Katja. Peux-tu nous dire quelle est ton activité professionnelle ?

Je suis traductrice indépendante depuis 2011. D’origine allemande, je traduis vers l’allemand depuis le français (80 % de mon travail) et l’anglais. Je travaille essentiellement avec des agences de traduction (surtout Tradonline !) et quelques clients directs (PME).

Pourquoi as-tu appris le français ?

À vrai dire, le français et moi c’est une vraie une histoire d’amour et ce depuis le moment où, à 12 ans, j’ai tenu mon premier manuel de français entre les mains, avant la rentrée et donc avant mon premier cours de français ! Je trouvais ces mots tellement jolis à lire, j’avais hâte d’apprendre à les prononcer. Ça a été un coup de foudre ! Mes études de français au lycée ont confirmé cette intuition et j’ai effectué plusieurs voyages linguistiques pendant ma scolarité et mes études supérieures, toujours avec cette soif d’apprendre le français, à me perfectionner dans la langue de Molière et à la parler sans cet accent germanique. C’est alors tout naturellement que, une fois mon diplôme de management international en poche, j’ai choisi la France comme pays d’accueil. J’habite dans le Midi depuis 27 ans, suis mariée à un Français et nous avons 3 enfants bilingues et biculturels ensemble.

Quel est ton parcours professionnel ? Et comment t’es venue l’idée de devenir traductrice indépendante ?

J’ai obtenu un diplôme équivalent à une licence en management international dans une école de commerce allemande. Quand je suis arrivée en France, j’ai trouvé assez rapidement un bon poste d’assistante marketing au sein d’une grande entreprise agro-alimentaire travaillant essentiellement à l’international. J’y ai appris énormément de choses sur l’industrie agro-alimentaire et j’ai pu gravir quelques échelons pour devenir chef de produits. L’une de mes missions était alors la conception de supports de commercialisation en français… mais également en anglais et en allemand. Je traduisais aussi des documents techniques et des études de marché. Ce côté linguistique et intellectuel de mon travail me plaisait particulièrement, et déjà à cette époque germait en moi l’idée de me mettre un jour à mon compte et de faire de la traduction mon métier.

Un tournant dans ma vie a été le déclic : je devais prendre une décision. J’ai alors d’abord approfondi mes compétences en anglais par des cours en ligne, car je voulais offrir deux paires de langue. Et puis je me suis inscrite sur plusieurs plateformes de mise en relation dédiées aux traductions, et j’ai été contactée assez rapidement par mes premiers clients. Un jour, fin 2011, j’ai été sollicitée par TradOnline qui avait besoin de renfort pour un gros projet. C’était le début d’une longue collaboration qui s’est transformée en un réel partenariat au fil des années. Aujourd’hui plus de 80 % de mes projets de traduction proviennent de TradOnline et j’en suis très satisfaite ! De la gentillesse de leurs chefs de projet à leur réactivité et sincérité, en passant par les échanges avec leur équipe et les autres traductrices, tout est très professionnel et simplement parfait !

Qui sont tes clients (secteur d’activité) ?

Comme je le disais, mon client principal est aujourd’hui TradOnline ! Aucune autre agence ni même client direct ne saurait me procurer cette sensation de faire partie intégrante d’une équipe. Et comme on se connaît bien, les projets que me confie TradOnline correspondent tout à fait à mes domaines de compétence : agro-alimentaire, mode et textile, ameublement, mais également tourisme et hôtellerie, culture et loisirs, développement durable…

À part cela, mes clients me confient volontiers des projets de relecture, sans doute parce que je suis assez pointilleuse ;)… Puis je traduis également des articles de presse pour des magazines en ligne, ce qui est très enrichissant !

Comment se déroule une traduction ?

Cela dépend de la nature du projet. Quand il s’agit de projets récurrents dont je m’occupe habituellement, ils me sont en général assignés d’office et je les traite sur un logiciel d’aide à la traduction (memoQ) en ligne. L’avantage de ces projets est qu’on devient vraiment expert en ce domaine, et qu’avec les retours du client on peut adapter le style et la terminologie en fonction des préférences du client. Par contre, quand il s’agit d’un domaine un peu particulier ou nouveau, je reçois une demande de traduction, et c’est à moi de juger si oui ou non je dispose des compétences requises pour le texte en question. Je survole alors le document source et donne une réponse : il est parfois préférable de ne pas s’engager sur un sujet qu’on ne connaît pas du tout ! D’autres traductrices sont là et elles ont forcément des compétences complémentaires aux miennes. Ainsi nous gardons une certaine assurance et sérénité dans notre travail, et le client a la garantie d’obtenir une traduction professionnelle, donc tout le monde y gagne !

D’une manière générale, je lis d’abord le texte source, si possible sur son support/format définitif (PDF, brochure, site web…) pour bien comprendre le contenu d’une part, et d’autre part m’imprégner du message qu’il véhicule et de la cible qu’il est censé atteindre. Avant de commencer à traduire, il est en effet important de savoir à quel public on s’adresse et quel style adopter. Ensuite je passe un certain temps à rechercher sur internet des sites germanophones qui parlent du même sujet afin de trouver la bonne terminologie, le « bon ton » etc. ; en cas de doute je compare avec d’autres sites francophones pour être sûre qu’on parle bien de la même chose. Au cours d’une traduction, je retourne parfois des centaines de fois sur internet pour dénicher la petite info qui me manque. Il arrive aussi qu’on ne trouve rien de vraiment pertinent ou qu’une phrase soit formulée d’une façon inhabituelle. Dans ce cas, je m’adresse à l’agence ou au client final pour lui demander des explications. En général, une petite précision suffit à éclairer le problème et à m’inspirer la traduction adéquate.

La première traduction terminée, j’aime bien la laisser « reposer » une nuit avant de me relire. Souvent, cela aide à avoir les idées plus claires et/ou une toute nouvelle inspiration pour un passage un peu difficile. Quelle que soit la longueur du texte (même s’il ne s’agit que d’une phrase), il est indispensable de se relire soigneusement car c’est la qualité d’une traduction humaine soignée qui fera toute la différence pour le client vis-à-vis de sa clientèle : une brochure ou un site internet bien rédigé est la clé de son succès ! En général, j’effectue deux relectures : la première consiste à comparer mon « premier jet » avec le texte source afin de déceler les fautes de frappe, mais aussi détecter d’éventuelles mauvaises interprétations voire des contresens et autres incohérences par rapport au texte français. Il faut aussi vérifier qu’on n’a rien oublié ! Ensuite, j’effectue une deuxième relecture uniquement de ma traduction. Cela me permet de me détacher du français et de vérifier que le texte cible soit fluide, compréhensible et « ne sonne pas traduit ». C’est souvent dans cette phase qu’on fait le plus de modifications de style.

Une fois la traduction terminée, je l’envoie au client par email ou directement sur son serveur.

Les différences culturelles entre français et allemand donnent-elles du fil à retordre pour la traduction ?

Ah oui, surtout dans des domaines tels que la gastronomie, la mode ou le lifestyle. Les habitudes alimentaires et vestimentaires ne sont pas forcément les mêmes, bien que les tendances soient de plus en plus internationalisées. Par exemple, la mode, qui vient essentiellement de France et d’Italie, est interprétée différemment suivant les pays, et puis ce n’est pas le même climat ! Personne ne s’imagine porter des robes à manches courtes en plein hiver dans la partie nord de l’Allemagne…

La gastronomie française est également très prisée en Allemagne et on trouve de plus en plus de recettes et d’ingrédients culinaires typiques de la cuisine française. Mais il faut garder à l’esprit que pour la population moyenne, ce sont des mets très sélects et que les gens ont besoin d’explications supplémentaires sur ce qu’est une « galette des rois » par exemple, tradition inexistante en Allemagne. Quant à l’apéritif, c’est quasiment inexistant ou réservé aux grandes occasions, alors que les produits snacking y sont plutôt consommés tard le soir, devant la télé…

Dans une traduction, il est alors important d’adapter le texte cible, soit en y ajoutant une courte explication, soit en trouvant un équivalent « local » à un produit, une habitude, un événement.

Je pense également aux textes marketing avec un message publicitaire : ils sont souvent truffés de jeux de mots et d’expressions idiomatiques – un vrai casse-tête pour nous traducteurs ! Là, il faut chercher à adapter, trouver une expression équivalente dans le même esprit, être créatif. Il m’arrive alors parfois de faire une pause et de marcher un peu dehors pour trouver de l’inspiration.

Comme cela fait très longtemps que je vis en France, je suis bien évidemment fortement imprégnée par la culture française et ne peux pas suivre toutes les évolutions dans mon pays natal. Alors je profite de mes voyages en Allemagne – en général deux fois par an – pour faire les supermarchés, les grands magasins, lire les journaux, regarder la télé etc., bref, tout ce qui peut m’aider à comprendre ces différences culturelles, les nouvelles tendances, les enjeux de société, les préoccupations de la population outre-Rhin. Cela m’aide énormément pour mon travail.

Est-ce que tu notes une évolution du type de projets de tes clients ?

Oui, mais c’est subtil. Il arrive de plus en plus souvent qu’un client nous demande de traduire une liste de mots-clés qui lui serviront ensuite pour « bricoler » son site web tout seul, en insérant simplement les mots-clés aux endroits correspondants. Cela peut être suffisant lorsqu’il s’agit d’une liste de produits simples sur un site de e-commerce. Mais la plupart du temps, quand les contenus sont un peu plus complexes, ce n’est pas une bonne idée. Le langage n’est pas une science précise où 1 + 1 font forcément 2. Une expression, même si elle est juste, peut être totalement erronée dans un contexte précis. En plus, l’allemand est une langue avec une grammaire très compliquée qui doit être adaptée en fonction d’une phrase entière ; si on se contente d’aligner des bouts de phrase, cela devient très faux ou ne veut plus rien dire. Il m’est arrivé de signaler ce problème aux clients qui ont ensuite opté pour une traduction entière. Cela peut bien sûr coûter plus cher, mais le résultat en sera largement valorisé. Et un document ou un site web « bien traduit » est beaucoup plus vendeur et également une satisfaction pour le traducteur impliqué 😉

Qu’est-ce qui est difficile dans ton métier, mais également, qu’est-ce que tu aimes le plus ?

Le plus difficile pour moi, je l’avoue, ce sont les délais ! Comme dans beaucoup d’autres secteurs, il y a des périodes « creuses », puis d’autres où les requêtes se bousculent. Quand je traite plusieurs projets en parallèle et que je me rends compte que l’un d’entre eux me prend finalement plus de temps que prévu, cela décale tout mon planning et peut évidemment impacter les autres projets en cours. C’est là qu’une bonne collaboration avec l’agence est primordiale, car il faut parfois repousser un délai pour donner la priorité à un autre projet plus urgent. Ce n’est pas à moi de prendre une telle décision, c’est en négociant avec mes interlocuteurs de TradOnline qu’on trouve la meilleure solution.

Ce que j’aime le plus est la diversité des projets tant en termes de sujets qu’en termes de style et de type de texte. Dans ce métier, on peut apprendre chaque jour de nouvelles choses dans quasiment tous les domaines de la vie. C’est extrêmement enrichissant ! Je n’ai d’ailleurs jamais eu l’impression de tomber dans une sorte de routine lassante.

Est-ce que tu penses que le métier de traducteur est un métier d’avenir ?

Je dirais que oui, contrairement à l’avis de certains détracteurs. Bien sûr les traducteurs automatiques en ligne peuvent apporter un plus aujourd’hui, ils sont adaptés à notre monde qui bouge : par exemple, ils permettent de comprendre rapidement un texte étranger dans ses grandes lignes, cela peut être utile pour des étudiants ou pour une recherche internet en privé. Pour le professionnel qui veut toucher une clientèle étrangère, ce n’est pas suffisant. Comme je l’ai déjà dit, les langues ne sont pas une science exacte, donc les robots et autres IA ne pourront jamais transcrire tout ce qu’un auteur souhaite exprimer. En plus, avec internet et la mondialisation économique, les besoins et ainsi les contenus à traduire se multiplient. Donc oui, il y a de l’avenir dans la traduction humaine !

Quels conseils pourrais-tu donner à quelqu’un qui souhaiterait s’orienter vers les métiers de la traduction ?

Je lui dirais qu’avant tout, il faut vraiment avoir la passion des langues ! Il ne suffit pas d’être « bon en langues vivantes » au lycée, il faut également s’intéresser à la culture du ou des pays étrangers en question et de préférence y avoir passé un certain temps de sa vie. La culture et les mentalités, cela ne s’apprend pas dans les manuels… Un autre point très important est bien sûr la parfaite maîtrise de sa propre langue maternelle, en termes d’orthographe, de grammaire, de style… Et pour qu’une traduction soit agréable et intéressante à lire, il faut être créatif, savoir jouer sur la syntaxe et les synonymes.

Un autre atout est d’avoir la soif de savoir, d’apprendre de nouvelles choses. Quelqu’un qui aurait des compétences dans un domaine précis mais qui n’aime pas réfléchir à des sujets variés peut éventuellement réussir dans la traduction technique très spécialisée. Mais cela ferme certaines portes et me semblerait personnellement trop ennuyeux.

Souhaites-tu ajouter quelque chose ?

J’ajouterais que j’ai une deuxième grande passion dans la vie : le théâtre amateur. J’en fais depuis mon arrivée en France. Au début cela m’a permis, entre autres, de « gommer » mon accent, mais c’est surtout le plaisir d’interpréter un rôle dans des pièces de théâtre dans la langue de Molière qui me pousse à continuer encore aujourd’hui… Je me retrouve d’ailleurs souvent sur scène accompagnée de 2 de mes enfants à qui j’ai transmis le « virus du théâtre ». Quel rapport avec mon métier ? Plutôt que dans une salle de sport, je trouve mon équilibre dans une activité culturelle et intellectuelle qui m’inspire et qui « nourrit » mon horizon linguistique.

Je tiens à remercier TradOnline de m’avoir invitée à participer à ce témoignage et espère que notre collaboration perdurera encore de nombreuses années !


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