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La commission de terminologie et de néologie tente de trouver une alternative aux anglicismes

6 Avr 2016 | Langues

Vous l’aurez certainement noté au sein de votre entreprise, l’utilisation d’anglicismes est de plus en plus fréquente. Mais c’est également au quotidien que ces termes sont utilisés, même par les Français n’ayant qu’une connaissance très basique de l’anglais. Pour contrer cela, la commission générale de terminologie et de néologie a dressé une liste de termes alternatifs.

La commission générale de terminologie et de néologie : qu’est-ce que c’est ?

Il s’agit d’une assemblée de bénévoles dont la mission est d’enrichir la langue française. Créée en 1996, elle vise à favoriser l’usage du français dans des domaines très divers comme ceux de l’économie, de la science ou encore de la technique. Elle travaille de concert avec l’Académie française, leur rôle étant de valider les propositions des commissions spécialisées de terminologie et de néologie. Car le monde évolue et il est indispensable de créer des termes pour décrire de nouveaux produits ou de nouvelles pratiques. Prenons un exemple concret avec le monde de l’automobile. Depuis de nombreuses années, on parle de carburant, d’essence, de diesel. Mais les évolutions écologiques ont poussé la commission à inventer de nouveaux termes. On parle ainsi de biocarburant ou de biogazole. La mission de la commission générale de terminologie et de néologie a également pour vocation de trouver des alternatives aux anglicismes qui alimentent chaque jour nos conversations.

Terminologie

Quelles sont les alternatives aux anglicismes ?

Lorsque les évolutions de notre société viennent des pays anglophones, les termes inventés dans ces pays sont bien souvent réutilisés en l’état en France. Et cela peut très vite s’avérer perturbant pour les non anglicistes. Tout le souci de la commission est de trouver des alternatives. Car si, pour certains termes, il est très facile de trouver un équivalent français, pour d’autres cela s’avère plus compliqué. Prenons quelques exemples du monde du travail. Si les Français sont fiers de monter une start-up, on les imagine mal dire qu’ils sont à la tête d’une jeune pousse. Difficile également d’imaginer demander à quelqu’un s’il a bien vérifié ses pourriels au lieu de ses spams. Le terme « courriel » a été créé pour remplacer le mot email ; or, force est de constater que les Français utilisent toujours le terme anglais. En revanche, certains mots peuvent aisément être francisés. Entre envoyer une newsletter et envoyer une lettre d’information, cette fois la traduction semble plus naturelle et certaines personnes utilisent le terme français. La commission générale de terminologie et de néologie a dressé une liste de termes que l’on pourrait parfaitement traduire au lieu d’utiliser en permanence les anglicismes. Découvrons quelques exemples simples :

– Je vais faire du running / je vais courir
– Avoir des news / avoir des nouvelles
– Replay / rediffusion
– Process / procédé
– Updater / mettre à jour
– Asap (as soon as possible) / dès que possible
– Speeder / se presser
– Challenge / défi
– Booké / occupé

Pour certains termes, la commission générale de terminologie et de néologie préfère ne pas donner d’équivalent. Cela se justifie par l’utilisation à tort et à travers de mots qui, à l’origine, avaient une signification bien spécifique. Prenons par exemple le terme « borderline ». Utilisé en psychiatrie, il signifie « personnalité limite ». Or, aujourd’hui, tout devient borderline, impossible donc de lui trouver un équivalent qui s’adapte à toutes les situations.

Vous l’aurez noté, le travail de la commission générale de terminologie et de néologie est fastidieux et l’évolution de la société et des comportements ne fera que compliquer sa tâche. Trouver ou non des alternatives aux anglicismes, conserver des termes entrés dans les mœurs, la décision revient à ces spécialistes de la langue française.

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