Confidences de Verena, l’une de nos fidèles traductrices espagnole

Par Shane Hartford | 30 décembre 2019 Confidences de Verena, l’une de nos fidèles traductrices espagnole

Bonjour Verena. Peux-tu nous dire quelle est ton activité professionnelle ?

Bonjour ! Je travaille depuis comme traductrice indépendante et relectrice à plein temps, tant pour des sociétés de traduction (comme Trad Online) que pour des sociétés et des clients particuliers. Je traduis notamment du français vers l’espagnol mais aussi de l’anglais vers l’espagnol.

Quelles études as-tu faites ? Pourquoi as-tu appris le français ?

Depuis toute petite, j’ai toujours aimé jouer avec les mots et avec les langues. Je lisais beaucoup et dès que j’ai commencé à étudier l’anglais à l’école, je m’amusais à traduire les paroles des chansons que j’écoutais.

C’est donc tout naturellement que je me suis dirigée vers des études linguistiques. J’ai étudié la philologie arabe avec le français comme deuxième langue. Même si je n’étais pas très bonne au lycée en français (et oui, ça arrive :)), je suis tombée amoureuse de la langue et de la culture française. Ayant grandi à Grenade, j’ai toujours été attirée par la musique, la culture, l’histoire et la langue arabe. J’ai d’ailleurs effectué plusieurs séjours en Tunisie, en Égypte et en Syrie pour étudier l’arabe.

Ce parcours universitaire m’a donné la volonté d’utiliser les compétences linguistiques acquises dans mon futur métier. La traduction est donc devenue une évidence!

J’ai alors effectué mes études de Traduction et Interprétation à l’Université d’Alicante, études complétées par un Master en Traduction Institutionnelle.

Aujourd’hui, je continue toujours à ma formation et de langues et de traduction en suivant des cours ou en effectuant des stages présentiels ou en ligne.

Comment t’es venue l’idée de devenir traductrice indépendante  ?

Après mes études d’arabe je ne savais pas très bien quel chemin choisir, puisque ni l’enseignement ni la recherche, des options typiques pour les études linguistiques, se trouvent dans mes vocations. Étant bénévole des ONG comme traductrice/interprète de français (sans pour autant avoir encore une vraie formation, mais je pensais que je pouvais rendre un petit service quand même), j’ai décidé de tenter mes chances pour les preuves d’accès aux études de traduction et interprétation. Je les ai bien réussis et j’ai commencé mes études. À l’époque je travaillais dans un autre secteur, mais après avoir fait mes études je n’ai pas eu des doutes, je voulais devenir traductrice, car j’avais trouvé là une vraie vocation, un métier passionnant qui mélangeait langue, culture et dynamisme, et qu’à chaque projet supposait un nouveau défi. Aussi, la situation économique et professionnel en Espagne après la crise a poussé pas mal de gens, dont moi, à se lancer comme travailleurs indépendants. L’entreprise privée à l’époque n’offrait pas de grandes chances ni garanties à niveau professionnel. J’ai décidé de devenir maîtresse de mon propre chemin.

Qui sont tes clients (secteur d’activité) ?

Au fil des années j’ai développé une bonne maîtrise de différents secteurs. D’abord très attirée par le domaine juridique et légal, puisque je suis traductrice assermentée de français, je me suis focalisée sur ce secteur, en suivant des formations complémentaires, comme mes études de master ou par des formations privées. Mais les besoins de mes clients et mes autres points d’intérêt m’ont permis élargir mes secteurs d’activité, à savoir : e-mail marketing, brevets, traduction scientifique et technique, cosmétique, secteur nucléaire.

J’ai aussi la chance de pouvoir traduire des sujets que j’aime bien et qui m’intéressent particulièrement comme la mode, la médecine, la santé, le sport, la nutrition et le bien-être…

En général j’ai une curiosité naturelle pour presque tout ce qui m’entoure, ce qui me permet de porter un vrai intérêt à (presque) tout sujet que je dois traduire. Bien entendu, il y a des domaines qui me passionnent plus que d’autres…

Je travaille aussi comme interprète de conférences ou de liaison, tant en Espagne qu’à l’étranger, pour des associations ou pour des entreprises privées.

Comment se déroule une traduction ?

Actuellement on reçoit la plupart du travail de traduction par internet, directement dans la boîte de réception du mail ou bien par des plateformes numériques des clients, ceci est le cas notamment des sociétés de traduction ou des clients ayant des sites web avec des besoins de traductions très importantes et vers des différentes langues.

Après avoir vérifié que le texte rentre bien dans mes compétences, je prépare le dossier en utilisant mon logiciel de gestion, en l’assignant un numéro de projet et enregistrant les données les plus importantes (nombre de mots, date de livraison, client et sujet). Avant d’entamer la traduction je lis le texte entier ou une partie s’il est très long pour me faire une idée des éventuelles difficultés de traduction et du temps que je peux mettre à les résoudre. Après je « prépare » le texte, bien en me servant des outils de traduction assistée par ordinateur (surtout à ne pas confondre avec la traduction automatique) dans lesquels je télécharge le projet, bien en convertissant le document si le fichier original est en format autre que word pour pouvoir bien travailler.

Ensuite je me lance dans la traduction proprement dite et je traduis en faisant des recherches et des annotations pour confirmer des termes avec le client si besoin ou pour vérifier un terme/une expression donnés. J’aime bien quand le client est réactif et s’implique dans la traduction, fournissant de l’information complémentaire ou éclaircissant les idées. Cela n’est évidemment pas toujours possible, car parfois le client n’est pas l’auteur du texte ou n’est simplement pas en mesure de répondre. Mais c’est vrai que c’est toujours bien de pouvoir avoir une communication avec le client. La compréhension d’un texte ne se limite pas à la compréhension du mot à mot, et le message ou l’adéquation de la traduction au public cible ne sont toujours pas évidents sans l’aide du client !

Après avoir fini la traduction, je la relis pour m’assurer que tout a été bien traduit, que les phrases, le style et la terminologie sont cohérents et je passe le correcteur orthographique (pour nous traducteurs il n’y a rien de pire qu’une coquille ou une faute d’orthographe, mais cela arrive à tout le monde !). Un autre aspect auquel je porte une attention spéciale est la mise en page de la traduction, que j’essaie de reproduire suivant l’original autant que possible.

Finalement, si j’ai le temps, j’aime bien laisser une journée entre la traduction et la dernière relecture avant d’envoyer le document, pour relire le texte avec des « yeux nouveaux », on trouve toujours quelque chose à améliorer. Mais en faisant attention à ne pas investir un temps fou, car il faut se rappeler ce qu’on dit souvent entre traducteurs : on ne finit jamais une traduction, on ne fait que la livrer.

Est-ce que tu notes une évolution du type de projets de tes clients ?

Oui et non. En ce moment j’essaie de trouver des nouveaux clients qui rentrent un peu plus dans mes secteurs d’activité plus, mais cela ne dépend entièrement de moi, mais des besoins des clients. J’ai des clients de longue date pour lesquels je traduis quasiment toujours le même type de textes, ce sont notamment des entreprises privées ou des sociétés de traduction très ciblées. Il y a des sociétés de traduction qu’offrent des projets très variés, du juridique aux contenus de sites web de mode… Ce que j’ai observé est une hausse des traductions des applications pour des dispositifs portables, des logiciels et plateformes digitales de vente, de services ou de formation en ligne.

Qu’est-ce qui est difficile dans ton métier mais également qu’est-ce que tu aimes le plus ?

Ce que je trouve le plus difficile est la gestion du temps, la charge de travail des traducteurs étant variable et imprévisible nous faisant étirer le maximum possible les journées de travail. Comme traductrice indépendante je dois m’occuper de la gestion de mes projets, de la facturation, de mon site web, de ma présence en ligne, de la prospection de clients et bien entendu de la traduction elle-même. Cela peut être assez contraignant parfois…

D’autre part il y a la solitude, car la plupart d’entre nous travaille à la maison, sans personne à qui parler, sauf la famille ou ses animaux de compagnie ;-). C’est pourquoi depuis plus d’une année j’ai loué un poste dans un co-working, ce qui me permet rencontrer des professionnels d’autres métiers, sortir de la maison, et travailler dans un environnement de bureau. J’ai toujours la possibilité de travailler à la maison si je le veux ou de me déplacer à mon bureau.

De l’autre côté, on a toujours la possibilité de pouvoir travailler à distance depuis n’importe où, je n’ai besoin que d’une prise et d’une connexion internet ! Cela me permet de faire des séjours à l’étranger pour continuer à approfondir mes connaissances linguistiques et culturelles de différents pays ou de voyager tout simplement. J’aime aussi le fait de ne pas avoir un chef, mais des clients auxquels on doit répondre, et avec qui on entretient une relation différente que celle de chef-subordonné.

Finalement, comme je l’ai dit avant, j’aime bien tout ce que j’apprends de chaque projet et les défis que certaines traductions posent.

Est-ce que tu penses que le métier de traducteur est un métier d’avenir ?

Oui, car on vit de plus en plus dans un monde ouvert à l’international grâce à internet, et où la mobilité des gens, la transmission des connaissances et d’information en général est constante, la traduction est un besoin croissant. Une preuve ? La prolifération d’applications de traduction et interprétation pour smartphones et les investissements en traduction automatique. Cela peut devenir une menace pour les traducteurs ou une opportunité, car il y aura peut-être dans l’avenir de plus en plus de clients se tournant vers ce type de traduction qu’à mon avis aura toujours besoin de l’œil humain pour assurer la qualité. D’autre part, il y a des domaines pour lesquels les machines ne suffiront pas. Je pense à la traduction juridique et assermentée, pour les conséquences légales que peut entraîner une erreur ou un contresens, ou la traduction littéraire qu’est le pur produit de l’esprit humain.

Pour nous traducteurs il est clair qu’une machine ne pourra jamais nous remplacer 100 %, mais je pense c’est à nous de faire valoir notre métier et d’améliorer et offrir un produit de la plus haute qualité.

C’est qui est clair c’est que le besoin de traduction est grandissant, et dans l’avenir il faudra savoir aller de la main avec les avancées techniques.

Quels conseils pourrais-tu donner à quelqu’un qui souhaiterait s’orienter vers les métiers de la traduction ?

La traduction est un métier qui exige une vaste connaissance, non seulement des langues de travail, mais plutôt d’une culture générale d’abord et puis du secteur particulier de chaque projet en question. Il est impossible d’avoir une connaissance approfondie de tous les secteurs, le monde est trop vaste !

Je recommande alors de trouver une spécialité et élargir les connaissances et le vocabulaire dans les langues de travail. Il est recommandable de trouver une spécialité qui nous passionne ou qui soit intéressante professionnellement. Après d’autres spécialités vendront ! Si on a déjà une formation ou un métier préalable dans un domaine quelconque, il serait une bonne idée de se spécialiser dans ce secteur qu’on connait déjà.

Quant aux compétences linguistiques, il ne s’agit pas de parler une langue étrangère parfaitement, mais de comprendre ses nuances, son fonctionnement, la culture qui l’entoure et les différents registres. Aussi, il ne faut pas négliger la langue d’arrivée, car finalement c’est le rendu qui compte ! Nul besoin de devenir un dictionnaire vivant, l’intéressant c’est d’avoir des ressources.

Personnellement je continue à suivre des formations dès que j’ai un peu de temps et à faire des cours de langues. Aussi, j’écoute la radio française tous les jours, des podcasts variés, je lis les actualités en français et je suis des médias et des personnalités francophones dans les réseaux sociaux, ce qui me permet être à jour de ce qui se passe et de l’utilisation de la langue.

Souhaites-tu ajouter quelque chose ?

Je pense que j’ai assez dit ! Je pourrais parler pendant des heures sur la traduction et mon métier J J’aimerais juste inviter les gens à valoriser le travail des traducteurs et à chercher – et même exiger – de la qualité dans les textes.

Merci pour cette petite interview et de nous donner de la visibilité ! Et bien entendu, merci pour la collaboration de longue date qu’on entretien, vous êtes une des meilleures sociétés de traduction que je connaisse !


En même temps que mes études universitaires, j’ai commencé à travailler bénévolement auprès d’une ONG ce qui m’a servi pour perfectionner mon arabe et mon français et je me suis essayée à la traduction.

J’ai effectué un stage de 6 mois dans le Service de traduction du Centre de langues de l’Université d’Alicante et ai même pu approcher la gestion de projet de traduction.

Mes différentes expériences en traduction et ce dernier stage m’ont donné envie de me lancer en tant que freelance et ainsi est né Traducible!

Mon métier de traductrice me passionne : j’adore jouer avec les mots, apprendre à chaque nouvelle traduction des nouveaux mots dans toutes les langues de travail, feuilleter des dictionnaires et m’immerger dans un nouveau monde. Chaque traduction est un défi et est très stimulant.

J’apprécie également la relation que j’ai avec mes clients : comprendre leurs besoins, les accompagner et découvrir leurs histoires. Au centre de la traduction, il y a l’humain, les échanges culturels et la communication et ce sont aussi ces aspects là que j’aime!


MadameMonsieur