Comme nous l’avons rappelé dans notre dernier article sur la traduction audiovisuelle, le sous-titrage est un métier à part entière. Adapter des sous-titres dans une autre langue exige des compétences spécifiques, différentes de la traduction classique. En effet, l’exercice de sous-titrage est à mi-chemin entre l’écrit et l’oral : retranscrire un discours oral à l’écrit sur un format qui doit être lu rapidement nécessite de suivre des règles précises.

Alors, si vous êtes traducteur et que vous souhaitez vous spécialiser en sous-titrage ou tout simplement en découvrir davantage sur ce type d’exercice, cet article est fait pour vous ! TradOnline vous dévoile aujourd’hui les dix commandements (ou presque !) d’une traduction audiovisuelle réussie.

Le temps de visionner la vidéo, vous prendrez

Comme pour une traduction classique, ne vous lancez pas tête baissée dans la traduction du premier dialogue. Avant toute chose, ouvrez le fichier, prenez le temps de visionner la vidéo dans sa totalité et prenez connaissance de chaque élément :

  • le sujet abordé ;
  • les différents intervenants ;
  • l’éventuel texte incrusté ;
  • la vitesse de paroles ;
  • le public concerné.

Téléspectateur et analyste, vous deviendrez

Une fois le visionnage réalisé, assurez-vous d’avoir bien compris tous les tenants et les aboutissants du contenu. Vous devrez certainement mener des recherches en parallèle, s’il s’agit uniquement d’un extrait d’une vidéo plus longue par exemple. Le contexte est plus que jamais important en traduction audiovisuelle, ne l’oubliez pas ! Devenir traducteur audiovisuel, c’est d’abord être un bon téléspectateur et savoir analyser chaque geste et parole des intervenants pour bien comprendre l’ensemble de la vidéo.

La retranscription de la vidéo, vous réaliserez

En fait, pour un film, un documentaire ou une vidéo d’entreprise, il n’est pas toujours nécessaire de devoir retranscrire l’intégralité du discours, mais il est toutefois recommandé de le faire pour mieux repérer et découper les sous-titres. D’ailleurs, bien souvent le script de la vidéo vous sera fourni par le client. Quoi qu’il en soit, veillez toujours à vérifier la transcription en écoutant la piste audio afin de vous assurer qu’aucun élément n’a été omis ou mal retranscrit.

Des recherches terminologiques, vous effectuerez

Comme pour une traduction écrite, la phase de recherche terminologique est l’étape préparatoire. Vous pouvez établir une liste des éléments relevant d’aspects culturels non traduisibles qu’il vous faudra alors adapter à votre public cible. Vous pouvez également relever tous les termes techniques pour lesquels des recherches terminologiques approfondies seront nécessaires, ou demander des précisions au client ou au chef de projet. Là encore, comme pour réaliser une traduction classique, pensez à toutes les techniques : trouver les équivalents, inventer… Mais la traduction audiovisuelle nécessite également bien souvent d’appliquer un processus de transcréation (si ce n’est pas déjà fait, nous vous invitions à lire notre dernier article à ce sujet !)

De choisir entre deux méthodes, vous serez contraints

Bonne nouvelle, la phase de préparation est terminée ! Il est temps maintenant de passer au sous-titrage. Là, deux méthodes s’offrent à vous : soit vous découpez le transcript de la langue source en sous-titres, autrement dit, vous effectuez le « time-code » (nous reviendrons juste après sur ce point), puis vous traduisez les sous-titres dans votre langue maternelle ; soit vous effectuez le « time-codage » en langue source puis traduisez dans un premier temps le transcript dans son intégralité, sans la piste audio, et vous découpez votre traduction en sous-titres en fonction du « time-codage » effectué précédemment.

Cette seconde méthode présente l’avantage de pouvoir traduire en visualisant l’œuvre dans son ensemble et d’optimiser la qualité de la traduction : en d’autres termes, en travaillant la transcription dans Word, vous travaillerez plus sur le fond (la traduction en elle-même) que sur la forme (la taille des sous-titres). En fait, si vous travaillez directement dans un logiciel de sous-titrage, quel qu’il soit, vous serez vite confrontés à la problématique de la taille de vos phrases ainsi qu’à d’autres contraintes. Ainsi, avoir traduit le texte en amont permet de dégager l’essentiel du message au moment de passer à l’étape de mise en forme.

Au découpage minutieux des sous-titres, vous ne pourrez échapper

Ah nous y voilà, la phase de « time-codage »… Quésaco ? « Time-coder » la transcription (ou votre traduction) revient à déterminer la place des sous-titres en fonction des différentes interactions. Nous vous rappelons les étapes de cette phase assez technique :

  • appliquer un « time-code » à chaque sous-titre : pour déterminer l’entrée et la sortie de tous les sous-titres, vous pouvez le faire soit manuellement dans un fichier Excel (trèèèès long), soit à l’aide d’un logiciel (merci la technologie !) et rectifier le tir en fonction des paramètres ci-après ;
  • se référer aux normes de la traduction audiovisuelle pour le paramétrage de vos sous-titres : la taille maximale d’un sous-titre, le nombre de caractères maximum par ligne et par sous-titre (ce nombre correspond à ce que peut lire l’être humain et diffère selon les langues), la durée d’affichage et la durée entre chaque sous-titre. Par exemple, un sous-titre ne peut contenir que deux lignes de texte et être composé d’une trentaine de caractères (espaces incluses) en moyenne ;
  • tester votre découpage par vous-même : vous devrez veiller à ce que chaque sous-titre reste affiché suffisamment longtemps à l’écran pour être lu sans que cela ne devienne trop contraignant et fatigant pour les yeux. Pour ce faire, utilisez un logiciel qui vous permet de vous signaler lorsque vous dépassez le maximum fixé.

Les règles de mise en forme, vous respecterez

En traduisant ou en adaptant votre traduction, il vous faudra faire le nécessaire pour respecter le découpage des phrases au sein d’un même sous-titre, pour ne pas nuire à la compréhension. En fait, ce procédé s’effectue naturellement : lisez à voix haute et faites-vous confiance ! En revanche, pensez bien que les normes de traduction audiovisuelle interdisent les interjections et onomatopées inutiles à la compréhension : évitez donc tout superflu. Pour respecter les paramètres de durée et de taille, essayez au maximum de réduire vos phrases en trouvant des synonymes plus courts. Concernant la ponctuation, les normes varient selon le type de discours à traduire et s’adaptent toujours au cas par cas. Par exemple, pour certains dialogues à plusieurs interlocuteurs, vous devrez utiliser les tirets, les guillemets ne servent que pour les discours.

De pré-visualiser avant de livrer, il est fortement conseillé

Enfin, après avoir terminé la traduction de vos sous-titres et après une phase de relecture pour contrôler les éventuelles coquilles et fautes d’orthographe, il est crucial de lire vos sous-titres en même temps que la vidéo. Avant d’envoyer la vidéo à votre client, remettez-vous dans la peau d’un téléspectateur et vérifiez que tout s’articule correctement. Encore mieux, si vous le pouvez, faites relire à une tierce personne ! Et si vous avez la moindre hésitation ou question, n’hésitez pas à nous contacter, nos équipes accompagnent toujours leurs traducteurs. 😉