Depuis cinq ans, l’intérêt pour les MOOC ou Massive Open Online Courses ne cesse de s’accroître. Gratuits et accessibles à tous, ces cours en ligne disponibles via des plateformes internet ont séduit étudiants, entrepreneurs et bien d’autres. Victimes de leur succès, les MOOC sont-ils aujourd’hui une avancée en matière de formation ou un simple effet de mode ?

Retour vers le futur

Les MOOC s’inspirent des théories sur le connectivisme de Stephen Downes et Georges Siemens, à savoir l’apprentissage au travers des nouvelles technologies. Apparu début 2012, le premier MOOC connaît un succès fulgurant et international lorsque Sebastian Thrun, professeur de l’Université de Stanford, chercheur en intelligence artificielle chez Google et futur fondateur de la plateforme Udacity, décide de poster son cours en ligne. Avec une influence croissante, les grandes universités américaines ne tardent pas à suivre le mouvement. La même année, l’Université de Stanford lance Coursera suivie le mois d’après, par l’Université d’Harvard et le MIT (Massachusetts Institute of Technology) avec la plateforme edX.

En France, il faudra attendre l’année suivante avec OpenClassrooms, la première plateforme de MOOC française. Fin 2013 et en collaboration avec edX, la plateforme FUN (France Université Numérique) voit le jour. Calquée sur le modèle américain, elle reste cependant indépendante et met en avant les grandes institutions françaises de l’éducation, telles que l’École Polytechnique, l’ENS (École Normale Supérieure) ou encore l’Université Paris-Sorbonne.

Accès à l’éducation

En proposant un accès privilégié et gratuit aux cours de grandes écoles et d’universités, les MOOC offrent un apprentissage de qualité, collectif et à distance. Leur universalité attire un large public et ouvre l’accès à des disciplines encore méconnues, notamment dans les secteurs de l’agriculture, du développement durable, de l’environnement, de l’apprentissage des langues étrangères …etc. Ils donnent également l’opportunité à des personnes n’ayant pas les moyens ou les diplômes, de se présenter à une formation de niveau universitaire.

De ce fait, les MOOC apportent une orientation active capable de transformer les mentalités et de redéfinir les modes d’enseignement. Composés de vidéos hebdomadaires, de cours écrits, de ressources accessibles en ligne, de quiz et d’exercices, ils présentent des cas pratiques où l’enseignant reste à l’écoute. Grâce aux forums de discussions, ils créent aussi de nouvelles communautés participatives de travail et d’échanges.

Effet de mode à valeur ajoutée

À l’ère du tout-numérique, certains perçoivent les MOOC comme une vraie révolution marketing et une source indéniable d’investissement. Cependant, en termes d’éducation, l’engouement semble moins intense dû à la difficulté de former des étudiants sur le long terme. Catégorisés comme de l’éducation individuelle de masse, ils se concentreraient davantage sur l’aspect promotion des formations que sur un réel accompagnement de leurs étudiants. Ainsi, moins de 10 % des inscrits finissent un cours et 70 % ne suivent pas ou très peu les cours.

Qualifiés « d’effet de mode », les MOOC sont alors perçus comme un moyen d’enrichir la culture générale et non comme un cours respecté d’université. Néanmoins, si les universités restent les concurrents directs des MOOC, ils ont un point commun : afin de réussir un cours, réel ou virtuel, un étudiant doit faire preuve de volonté et d’investissement personnel. En ce sens, les MOOC sont malgré tout des plateformes révolutionnaires, certes limitées car elles ne proposent souvent que des cours introductifs, mais servant indéniablement de tremplin virtuel vers des études supérieures plus approfondies.