Polémique entre l’ATA (American Translators Association) et LinkedIn : la très dynamique ATA réagit publiquement à une tentative « maladroite » de recrutements de ses membres pour des traductions gratuites par une équipe de collaborateurs de LinkedIn. Limites du crowsourcing concernent aussi la traduction !

Le directeur de l’ATA ne remet pas en cause le crowd-sourcing lors du recours à des traducteurs volontaires offrant des traductions bénévoles à des projets ou organismes à but non lucratif mais lorsque des entreprises traditionnelles, devant faire des bénéfices  tentent d’utiliser une telle ressource sans contrepartie évidente.

Pour pouvez lire ici le communiqué de presse reprenant la lettre envoyée au PDG de LinkedIn.

Un post antérieur à cette date sur le blog de LindedIn explique la problématique de LinkedIn et de son internationalisation.

Vous pouvez lire quelques commentaires intéressants dont une remarque du célèbre blog  Common Sense Advisory  concernant le CT3 (collaborative translation, “Translation for, of, and by the People, »).

Wikipedia, comme le note très justement le directeur de l’ATA, a innové et inauguré ce processus. Facebook a tenté avec plus ou moins de bonheur de suivre le même chemin.

L’ATA critique aussi bien la manière que le fait même qu’une entreprise « à profit » tente de réduire ses coûts par une telle approche, sans de surcroit mesurer les risques potentiels de non qualité.

Pour ma part, deux remarques rapides à ce sujet :

1 – si des traducteurs souhaitent investir leur énergie dans des traductions gratuites pour des entreprises « à profit », je ne vois là qu’un souci, mais de taille, au-delà du libre choix évident laissé aux traducteur : les conséquences probables d’une baisse des prix « acceptés / acceptables par les clients » par une dévalorisation potentielle du métier…les agences sont pourtant souvent  accusées d’être à la source de ce dumping…ironie du sort.

2 – le don de compétences est une forme intéressante d’appui aux petites entreprises ou aux associations et autres projets à dimension sociale. Cela permet à la fois de s’intéresser à de nouveaux projets et à donner un sens à son action. Ce peut être aussi un bel outil de management que de laisser ses employés investir un peu de temps sur des projets leur tenant à coeur, pris ou non sur le temps de travail ou la RTT en co-investissement employé/employeur. L’initiative de TED, animant les volontaires pour traduire les sous-titres des nombreuses conférences en est un exemple. Les outils donnés aux traducteurs sont parfaitement définis et ergonomiques, les traducteurs et relecteurs sont cités. Le but poursuivi est clair. J’en profite pour annoncer que des membres de Trad Online participent à cette initiative et continueront à la faire. Nous ciblons des conférences qui nous font écho, autour du développement durable et qui vont dans le sens de notre développement. En voici un premier exemple.

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