En tant qu’agence de traduction, nous évoluons dans le monde des langues. Nous gérons de nombreux projets de traduction dans plus de 50 langues. Bien sûr, nos clients nous demandent plus souvent de traduire leur projet du français vers l’anglais ou de l’anglais vers l’italien, mais nous traduisons également vers les langues scandinaves, asiatiques ou arabes. Il nous est même arrivé de traduire vers le tagalog (dialecte philippin).

Nos interprètes interviennent également très régulièrement pour de l’anglais, de l’allemand, de l’espagnol ou de l’italien. Bref, les langues sont notre quotidien.

Cependant, il y a une langue que nous connaissons beaucoup moins au sein de l’équipe de TradOnline. Elle est pourtant utilisée par plus de 100 000 personnes en France. Non, je ne parle ni de l’alsacien, ni du basque, ni du breton. Vous donnez votre langue au chat ? Oui ?

Je parle de la LSF ! La quoi ? La LSF, la langue des signes française.
La langue des signes française est utilisée par les personnes sourdes et malentendantes. Elle est parlée, ou plutôt signée, par 100 000 à 200 000 personnes en France.

Les origines de la langue des signes française

La LSF s’est établie naturellement au sein de familles ayant un ou plusieurs membres sourds.

En 1760, l’abbé Charles Michel de l’Epée devient le précepteur de sœurs jumelles sourdes et qui communiquent entre elles et avec leur entourage grâce à des signes. En côtoyant ces sœurs jumelles, l’abbé apprend les signes.
Par la suite, il décide d’accueillir d’autres personnes sourdes : l’Institut national des jeunes sourds est alors créé. Il élabore également un alphabet signé avec les deux mains permettant aux sourds de communiquer, mais ce sont surtout les personnes sourdes elles-mêmes qui ont enrichi petit à petit la langue.

En 1880, lors du 3ème congrès international pour l’amélioration du sort des sourds-muets à Milan, la langue des signes est interdite au profit d’un enseignement oral.
Malgré cette interdiction, la langue des signes ne disparaît pas et continue de s’enrichir au fil du temps.

Il faut ensuite attendre 1991 et la loi Fabius pour qu’un enseignement bilingue français – LSF soit favorisé. Enfin c’est la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées qui va reconnaître la LSF comme une langue à part entière. La LSF est aujourd’hui un pilier important de l’identité de la culture sourde.

La LSF une langue en trois dimensions

La LSF est une langue à part entière, comme le français ou l’espagnol. Elle possède son propre alphabet et sa propre grammaire.
Son alphabet est appelé alphabet dactylologique et est utilisé pour épeler les noms propres et les mots n’existant pas en langue des signes.

La LSF est une langue visuelle et sa grammaire est en trois dimensions : il est possible d’exprimer plusieurs idées simultanément.
Nous ne nous attarderons pas aujourd’hui sur cette grammaire, mais voici quelques clés pour mieux comprendre le fonctionnement de la LSF :

  • L’expression du visage indique le sens de la phrase : le signeur peut, par exemple, froncer ses sourcils pour indiquer qu’il pose une question.
  • Il n’y a pas de conjugaison en LSF, mais une ligne du temps. Le signeur situe l’action perpendiculairement à lui-même : derrière l’épaule le passé, au niveau de son corps le présent, devant lui le futur.
  • L’ordre des mots n’est pas calqué sur celui du français : temps + lieu + sujet + action.

Les signes de la LSF

Comme beaucoup de langues, la langue des signes française s’enrichit quotidiennement.
Les signes peuvent :

  • Venir du mime. On les appelle les signes iconiques.
  • Être influencés par la langue française.
  • Êtres inventés.

Tentés par la LSF ? Voici une vidéo pour effectuer vos premiers pas !

La LSF en France, et ailleurs ?

Il n’y a pas de langue des signes universelle ; il en existerait même plus de 100. Elle est cependant en formation par les associations de langue de signes mondiales.
Entre les différentes langues de signes, la grammaire présente des similarités, mais le vocabulaire est très différent d’une langue à l’autre.

Voici une liste de langues des signes :

  • langue des signes américaine (ASL) ;
  • langue des signes britanniques (BSL) ;
  • langues des signes belges (LSFB) ;
  • langue des signes québécoise (LSQ) ;
  • langue des signes japonaise ;
  • langue des signes coréenne ;
  • etc.

Découvrez les différences entre les différentes langues des signes dans cette vidéo :

 

Mais alors, si la langue des signes est une langue à part entière, existe-t-il des interprètes LSF/français ?

 

 

La réponse dans un prochain article !