French Fab, la renaissance de l’industrie française

Par Alice Judéaux | 7 septembre 2017 French Fab, la renaissance de l’industrie française

Depuis presque un an, la BPI France a lancé un programme de revalorisation des industries françaises. Ces dernières se portent bien, mais malgré de nombreux atouts elles manquent d’assurance.

But de ce programme : valoriser l’écosystème industriel français.

Nicolas Dufourcq, directeur général de la BPI, se livrait en mai dernier à L’Usine Nouvelle : « La France n’a pas à rougir de son industrie et il est grand temps qu’elle retrouve fierté et confiance en soi. »

D’un côté la French Tech lui fait de l’ombre, et de l’autre côté les nombreuses fermetures d’usines nuisent à sa réputation. Et pourtant l’industrie française exporte, innove, et ce sur tout le territoire français ! Il faut donc redorer son blason pour stimuler la dynamique territoriale de nos industries.

Comment faire ? Il semble que la BPI mise sur l’application des recettes du Mittelstand, le modèle de réussite allemand.

Qu’entend-on exactement par « Mittelstand » ?

Mittelstand est le terme utilisé par les Allemands pour évoquer leur tissu de PME, les fameuses KMU (kleine und mittlere Unternehmen). Une KMU en Allemagne génère moins de 50 M€ de CA et compte moins de 500 salariés. Elles représentent plus de 99 % des entreprises allemandes. En revanche, les KMU allemandes correspondent plutôt aux ETI françaises (Entreprises de Taille Intermédiaire) par la taille. Elles sont 10 000 en Allemagne contre 4 000 en France. La route à parcourir est donc encore bien longue pour en arriver là !

Mais pourquoi le tissu industriel français est-il si différent du tissu industriel allemand ? Ce qui différencie les entreprises allemandes des entreprises françaises se situe peut être dans leur mode de gouvernance. Car 95 % de ces KMU sont encore des entreprises au capital familial, dont les dirigeants utilisent les profits pour investir et non pour gratifier leurs actionnaires.

French Fab : simple coup de com ou profonde évolution sociétale ?

L’ambition de ce programme est de modifier durablement la représentation des industries françaises dans notre esprit, et le dessein est louable.

Dernièrement, Michaël Valentin expliquait dans le journal Les Echos, que si individuellement les ingénieurs français sont meilleurs que les ingénieurs américains, ces derniers sont mieux organisés et réussissent mieux en équipe.

Les Français manqueraient-ils d’ambition collective ? C’est en tout cas ce que révèlent tous les sondages depuis plusieurs décennies ! Quand on demande aux Français s’ils sont optimistes ou pessimistes pour l’avenir de la France, 2/3 d’entre eux se disent pessimistes, alors que la même proportion est inversement optimiste pour son avenir personnel.

Comment redonner confiance aux industries françaises ?

La confiance résulte d’une équation assez complexe. Avant de signer un contrat avec une entreprise, le futur client s’interroge sur la crédibilité, la fiabilité, la proximité et l’esprit d’équipe de son futur fournisseur. Si un de ces points n’est pas validé, aucun contrat ne sera signé.

Or les entreprises françaises ont un savoir-faire et une qualité de produits indéniables, et de plus en plus d’entre elles optent pour le management collaboratif aussi bien en interne que pour sonder leurs prospects en vue d’innover. Sans compter que tous les événements collaboratifs comme le BIG, mis en place par la BPI, font de plus en plus recette, signe d’une volonté de jouer collectif.

Dans ce contexte, La French Fab se veut un peu comme une équipe de France des industries.

Évidemment, c’est un outil de communication formidable. Mais un outil qui se concentre sur toutes les pépites françaises, au lieu de regarder les entreprises qui vont mal ! Et ce, dans l’idée de motiver de futurs talents à rejoindre l’aventure industrielle. C’est également un vecteur des clefs de l’excellence à l’échelle nationale, donc le but est de faire progresser les industries qui le peuvent. En espérant que tous ces ateliers collaboratifs permettent de créer de nouvelles synergies et de nouvelles idées pour accompagner la digitalisation des entreprises.

Cette initiative semble particulièrement louable vu la morosité ambiante en France. Si la French Fab réussit son pari, c’est toute l’économie française qui pourrait en bénéficier par effet d’entraînement.


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