La post-édition de traduction automatique est une prestation de plus en plus vendue par les agences de traduction, or tout le monde ne sait pas vraiment ni de quoi il s’agit, ni comment on se forme à cette discipline. Chères traductrices et chers traducteurs, vous trouverez quelques éléments de réponse dans cet article.

 

Définition de la traduction automatique avec post-édition

Avant toute chose, il me semble nécessaire de procéder à une petite définition des termes principaux car nous allons ensuite utiliser les termes MT (machine translation) ou PE (post-édition), et nous ne voudrions pas vous perdre en route !

Qu’entend-on par MT ? En anglais MT veut dire machine translation, ou traduction automatique en français.

Un moteur de traduction automatique est un programme informatique qui va nous fournir une traduction automatique. Il existe un grand nombre de moteurs différents, tous basés sur l’intelligence artificielle, mais ce n’est pas le sujet du jour.

La distance de post-édition, ou « post-edit distance » en anglais, correspond au pourcentage de modifications effectuées par un humain sur la traduction automatique afin d’obtenir une traduction de qualité suffisante.

La vitesse de post-édition est un taux que nous calculons et qui permet de connaître le nombre de mots que pourra traiter un traducteur par heure, en fonction de la distance de post-édition. En d’autres termes, plus la distance de post-édition est importante, moins nous gagnerons de temps grâce à l’utilisation d’un logiciel de traduction automatique. Cette vitesse de post-édition est un élément important à calculer en amont de tout projet incluant post-édition, afin de vérifier la faisabilité du projet.

 

Pourquoi utiliser un logiciel de traduction automatique ?

La traduction automatique est une solution qui permet à certaines entreprises de publier plus de contenus dans plus de langues, plus vite et pour un coût restreint.

Ce qu’il faut bien comprendre c’est que le but de la traduction automatique (MT) tout comme celui des outils de TAO est d’augmenter la productivité. Ces outils sont donc utiles dans certains cas, lorsque le volume à traduire le nécessite et si les résultats de la traduction automatique le permettent.

Mais pour que ces projets de traduction automatique avec post-édition soient une réussite, il est nécessaire de faire intervenir des linguistes professionnels.

Il s’agit d’une nouvelle discipline et comme toute nouveauté elle fait peur. Sachez que notre but n’est pas du tout de remplacer nos traducteurs par des machines.

La traduction automatique est donc utilisée dans certains cas uniquement, selon :

  • Les langues source et cible,
  • Le domaine (médical, financier, etc.),
  • Le type de contenu,
  • Le degré de qualité attendue.

 

À noter : les résultats d’une traduction automatique sont toujours imparfaits ! Ce qui est important c’est de pouvoir vérifier dans quelle mesure nous allons pouvoir gagner en productivité grâce à son utilisation.

Chez TradOnline nous considérons que si une traduction automatique vous fait gagner moins de 30 % de votre temps, alors ça n’a pas vraiment d’intérêt. En d’autres termes, si vous traduisez en moyenne 300 mots par heure sur une traduction 100 % humaine, il faut au moins que vous puissiez traduire 400 mots par heure avec l’utilisation d’une traduction automatique.

À ce stade, il est important de préciser que ce gain de temps dépendra également grandement de la qualité attendue par notre client.

Mais avant tout, il faut que vous soyez dans une démarche d’ouverture d’esprit et que vous ayez envie de tester. Car oui, la PE demande une formation spécifique puisque comme vous l’avez sans doute remarqué, elle ne produit jamais un résultat parfait.

Nous estimons que la traduction automatique est une tendance du marché que nous ne pouvons pas ignorer au risque d’être dépassés. C’est pourquoi nous investissons du temps sur cette nouvelle tendance et sommes prêts à vous accompagner dans cette démarche de formation.

Formez-vous à la traduction automatique, ce n’est pas une perte de temps, c’est une nouvelle compétence professionnelle sur votre CV, une nouvelle corde à votre arc !

 

Quelle qualité est attendue en post-édition ?

Les exigences de post-édition seront différentes d’un projet à un autre. Dans tous les cas, votre mission sera de répondre à ces exigences en faisant le moins de changements possible sur la traduction automatique initiale.

Cette information est l’une des plus importantes, car beaucoup de traducteurs ont tendance à trop post-éditer.

Pour être un bon post-éditeur, il faut donc avoir une bonne capacité d’analyse afin de prendre des décisions rapides sur chaque segment à post-éditer. Mais rassurez-vous, pour devenir un bon post-éditeur, il faut de l’entraînement !

En termes de qualité, nous vendons 2 types de prestations différentes : une post-édition partielle et une post-édition complète. Le choix de l’une ou l’autre solution dépendra de la portée du document de notre client.

S’il s’agit d’un document qui doit être publié, on optera plutôt pour une post-édition complète alors que si le document doit être traduit pour une utilisation interne ou uniquement à but informatif, nous opterons pour une post-édition partielle.

Quand on fait une PE partielle, on s’attache uniquement aux erreurs suivantes : contenu offensant ou culturellement inapproprié, mot manquant ou superflu, mauvaise traduction (contresens), mots mal orthographiés, erreurs de grammaire, erreurs de glossaire (si prédéfini avec le client).

Pour une PE complète, il faudra corriger également toute erreur de terminologie, l’ordre des mots si nécessaire, la structure globale de certaines phrases, le style, la ponctuation et le format des chiffres. But : que le texte cible devienne fluide, naturel.

Une PE complète nécessite l’utilisation d’un traducteur spécialisé dans le domaine en question, ce qui n’est pas le cas pour une PE partielle.

Le but d’une PE complète est d’atteindre une qualité de traduction dite « humaine ». Rappel : cette solution convient à assez peu de projets !

Si vous manquez d’informations sur le degré de qualité attendu, vous devez absolument poser la question à votre chef de projet, car ceci détermine directement le temps que vous devrez allouer à ce travail.

Quelques conseils :

  • Ne faites pas de sur-corrections,
  • Ayez les idées claires sur ce qu’on attend de vous,
  • Ne passez pas trop de temps à réfléchir : de gros doutes sur un segment ? Supprimez-le et traduisez-le à nouveau !
  • Utilisez tous les outils à votre disposition : correcteurs orthographiques, glossaires, mémoires de traduction, outils de QA,
  • Ne vous découragez pas, c’est en vous exerçant que vous allez devenir un(e) vrai(e) pro en post-édition !
(Visited 609 times, 1 visits today)