Ajouter à mes rouflaquettes ? Euh, non, sans façon !
Derrière certains traducteurs se cachent parfois de véritables machines…
Chers glottophiles,
Avez-vous déjà été amenés à faire appel à un traducteur dans le cadre de votre communication internationale ? Si oui, peut-être vous reconnaitrez-vous dans l’histoire que nous choisissons d’aborder aujourd’hui.
Vous demandez un devis sur une traduction et une relecture de votre site Internet. Dans le cas présent, il s’agit d’une traduction vers l’allemand et d’une relecture d’une partie du site Internet déjà traduit en allemand.
Pour le traducteur qui s’est engagé à faire une offre, les surprises commencent dès les premiers mots… Le texte s’annonce prometteur ! Un grand classique de la traduction de site « ajouter à mes favoris » a été traduit en allemand par « zu den Koteletten hinzufügen ». Petite explication pour les non-germanistes : en français, le terme « favori » désigne à la fois « le préféré » et au pluriel « les rouflaquettes ». Vous l’aurez compris, la traduction allemande signifiait donc « ajouter aux rouflaquettes » !
Le terme « animal de compagnie », récurrent sur le site, a été traduit par « Gesellschaftstier » (littéralement, animal de société / compagnie ! au lieu de « Haustier »)
Plus on avance dans la lecture du texte, plus il faut se rendre à l’évidence : le tsunami « traduction automatique » a frappé… Outre les énormités ci-dessus, les phrases comportent toutes des parenthèses bizarres. Explication : lorsque le traducteur automatique hésite entre plusieurs traductions, il propose les autres entre parenthèses. Choisir c’est renoncer, et il ne veut pas renoncer le traducteur en ligne!
Le pire dans cette histoire, c'est que voulant bien faire vous aviez fait appel à un « traducteur professionnel » pour cette première partie de traduction. Certes, ce dernier proposait un tarif défiant toute concurrence… mais son « travail » peu scrupuleux consistait simplement à saisir votre texte sur un site de traduction automatique pour le reprendre ensuite directement. Et dire que tout est à refaire…
Il incombe alors au nouveau traducteur auquel vous venez de faire appel de vous expliquer ce qui s’est passé. Le (bon) traducteur professionnel ne doit pas se contenter d’être un bon linguiste, il doit aussi être diplomate, savoir communiquer, argumenter, et faire preuve de pédagogie !
La traduction automatique n’a pas fini de nous faire rire (jaune)… Longue vie aux véritables traducteurs professionnels !
Dans le prochain post, vous trouverez des conseils pour choisir le traducteur qui vous convient. Restez connecté !
Ce billet a été écrit par Barbara Marti, gérante de la société cameleo spécialisée dans la communication internationale : de la traduction brute au conseil à l'international, en passant par la transcréation. Partenaire polyvalent spécialiste de l’allemand et de l’anglais. Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.cameleo.net
Ce billet inaugure les contributions de nouveaux rédacteurs invités sur le blog Trad Online – si vous êtes intéressés contactez-nous !
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…. ce qui s'est passé (!!!)
Monique Miquel
FR > ES > FR
Barbara, super, super , ton article, dommage qu'il y a toujours des incompétents qui se permettent de se mettre dans le devant de la scène.
continue et tiens bon Gérard/Yvette
Coquille corrigée…merci
Il aurait peut-être fallu ajouter que cette traduction de «favoris» par un équivalent de «rouflaquettes» était due à PROMT. Ce logiciel peut avoir des excuses car il y a vingt ans seulement (pour moi c'était hier) une expression comme «Ajouter à vos favoris» n'aurait rien dit à personne et, si quelqu'un alors m'avait parlé de ses favoris, j'aurais effectivement pensé qu'il faisait allusion à ses rouflaquettes. C'est le grand problème avec l'évolution perpétuelle du langage; je me souviens de n'avoir rien compris le jour où ma nièce m'a dit: «Ça craint»; comment voulez-vous que la machine se débrouille?
Évidemment celui qui dispose d'un logiciel paramétrable peut introduire un mot nouveau dans un de ses dictionnaires, mais encore faut-il qu'il se rappelle quelques rudiments d'analyse grammaticale. Je suis tombé de mon haut en constatant que des jeunes, formés par des maîtres qui avaient fait Mai 68 et par des analyses en forme d'arbres auxquelles personne ne comprend rien, étaient incapables de distinguer une conjonction d'une préposition. Comment savoir alors que «sans tambour ni trompette», à traduire par «sang- und klanglos», doit être considéré en bloc comme un adverbe et entré comme tel?
Le drame de la traduction automatique, malheureusement, n'est pas l'excellence de ses résultats qui rendrait inutiles les traducteurs professionnels: c'est l'idée fausse qu'elle a mise dans l'esprit du public, persuadé qu'elle est amplement suffisante pour celui qui veut simplement comprendre de quoi il s'agit et n'accorde pas d'importance à l'imparfait du subjonctif ou à l'accord du participe. Je lis dans un article de Wikipédia en espagnol que Juan de Sámano a été «trasladado a Indias», ce que Google nous traduit par «transféré à l'Inde». Bon, me dira-t-on, ne cherchez pas la petite bête, vous corrigez simplement en écrivant «en Inde». Oui… mais il fallait comprendre «en Amérique». Ce n'est donc pas, comme croit le vulgaire, une relecture discrète qui suffira, mais il faut une comparaison attentive avec le texte original, au point que ceux qui ont eu sous les yeux des plaisanteries de ce genre vous diront la plupart du temps qu'il vaut mieux repartir de zéro.
Merci pour ces exemples qui renforcent la nécessité de penser la traduction "culturellement" ! Et en ce qui concerne les traductions littéraires cette part de culture doit aussi englober l'histoire des langues que l'on prétend manier…
Claire
Ahahah très drôle ces machines.
Ils y en a qui manque pas de culot.
Mais bon pour les traductions ca reste une minorité.
Les traductions se faisant souvent par bouche à oreille.